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« Découvrir les atouts de la dyslexie…et en jouer »

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Dominique Eberlin, enseignante et fondatrice d’un cabinet conseil spécialisé dans l’accompagnement des personnes en difficultés d’apprentissage, a écrit un livre intéressant «Découvrir les atouts de la dyslexie…et en jouer » dont je souhaite partager avec vous une synthèse.

Dans la scolarité classique, les professeurs sont invités à signaler les élèves présentant une lenteur dans l’acquisition de la compétence de lecture ou rencontrant des difficultés à traiter l’information écrite, afin de leur permettre de bénéficier d’un diagnostic par des spécialistes (orthophonistes, psychologues ou médecins).

Mais une fois le diagnostic de « dyslexie » posé sur ces élèves, ces mêmes professeurs restent souvent désarmés sur la manière dont ils pourraient aider ces enfants car ils manquent d’outils concrets et de méthodes.

Pour savoir comment aider ces enfants « faisant de la dyslexie », l’auteur propose au préalable de comprendre les étapes classiques du processus d’apprentissage et en quoi ils diffèrent chez les enfants dyslexiques.

Les trois étapes du processus d’apprentissage:

On distingue 3 étapes dans le processus d’appropriation d’une connaissance par l’élève :

  • la première étape c’est la perception. L’élève va percevoir l’information qu’il doit assimiler via le canal visuel, auditif ou kinesthésique ; autrement dit il la voit, il l’entend ou il la ressent.

  • la deuxième étape c’est l’évocation. L’élève va enregistrer cette information pour la garder en mémoire. Il va élaborer un savoir et créer des liens avec ses connaissances antérieures. Là aussi l’élève va coder l’information en utilisant une stratégie visuelle, auditive ou kinesthésique.

  • enfin la troisième étape c’est la restitution. L’élève va produire la preuve de l’acquisition et de la compréhension de la connaissance.

Dans chacune de ces trois étapes, l’élève va utiliser une combinaison de stratégies mentales qui sont visuelles, auditives et kinesthésiques mais avec une préférence pour l’une d’elle qu’il va utiliser en priorité et avec une intensité qui lui est propre.

Il est important de noter qu’il n’y a pas de dépendance entre les profils d’évocation et de perception. Par exemple, un élève peut avoir une préférence visuelle durant la phase de la perception et une préférence auditive durant la phase de l’évocation.

Les enjeux de la phase de la restitution dans la vie scolaire

Dans la vie scolaire, la phase de la restitution est celle qui va permettre à l’enseignant de s’assurer que l’élève a bien assimilé la connaissance enseignée. C’est cette étape qui est sanctionnée par une note.

En fonction de son profil, cette étape sera vécue différemment par l’élève :

  • L’élève ayant une préférence visuelle va aimer « donner à voir », il va être à l’aise dans un examen écrit.

  • Celui ayant une préférence « auditive », va aimer « donner à entendre », il sera plus à l’aise dans les examens oraux.

  • Enfin, celui qui a une préférence kinesthésique va aimer « démontrer », il aura besoin d’un contact plus direct avec la matière qu’il restitue et ne sera pas forcément à l’aise à l’oral ou avec la production d’un texte écrit.

C’est pour cela qu’on peut dire que la réussite à un examen va déprendre tout autant :

  • de la capacité à acquérir des connaissances et à en maîtriser les usages,

  • que de la capacité à restituer ces connaissances de la manière attendue par l’examinateur.

Qu’en est-il chez l’élève dyslexique ?

Lorsque l’on parle de dyslexie, on s’attache généralement à observer :

  • la confusion des lettres ( b et d par exemple),

  • les difficultés de prononciations ( par exemple confusion du son v et f),

  • les inversions de chiffres ( par exemple 37 écrit 73),

Toutes ces erreurs se produisent au niveau de la restitution. On pourrait donc qualifier la dyslexie comme une erreur de restitution.

Cette erreur de restitution constatée ne dit en revanche rien sur sa source. Or comme le rappel l’auteur dans son livre, en questionnant la source de l’erreur on s’aperçoit que les élèves « faisant de la dyslexie » présentent un mode de fonctionnement lors du processus d’apprentissage, différent du fonctionnement classique.

En effet, on observe que ces élèves ont un potentiel plus grand dans la perception des informations :

  • Les dyslexiques ayant un profil kinesthésique vont porter une plus grande attention à ce qui les entoure, ils paraissent « sentir » tout ce qui les entoure, ils sont très sensibles aux émotions.

  • Les dyslexiques ayant un profil auditif quant à eux présentent une très grande sensibilité aux sons.

  • Quant aux dyslexiques avec un profil visuel, ils ont une grande acuité de perception.

De même, on observe que ces élèves ont des capacités d’évocation plus grandes. Tout se passe dans leur tête comme s’il y avait « un foisonnement d’idées ». C’est ce « foisonnement d’idées » qui peut poser problème au moment de la restitution.

En d’autre terme, l’élève « faisant de la dyslexie » dispose de compétences plus amples que la normale attendue et « la dyslexie est une erreur au niveau de la restitution, causée par une plus grande compétence mentale »

Sachant cela comment aider un élève « faisant de la dyslexie » ?

Le préalable est de restaurer la confiance en soi qui a souvent été fragilisée par l’école.

Ensuite, voici quelques pistes suggérées par l’auteur :

  • Enoncer la difficulté clairement. « Quel que soit le problème rencontré dans la scolarité d’un enfant, mieux on peut le définir, mieux on peut y remédier »

  • Donner la théorie. Après avoir instauré une relation de confiance, il s’agit de faire comprendre à l’enfant que la dyslexie est une erreur de restitution causée par une plus grande compétence en perception et en évocation.

  • Rassurer en partant des réussites. Il s’agit de valoriser les réussites passées (astuces, compensations qu’il a déjà développées.) pour montrer à l’enfant qu’il est courageux et capable d’y arriver.

  • Remédier. Il s’agit de chercher à comprendre ce que l’enfant ne comprend pas et le reformuler de manière à se faire comprendre de l’enfant dans le but de corriger sa construction erronée.

  • Créer sa propre méthode. Il n’existe pas de méthode unique « la qualité d’une approche pédagogique réside dans la pratique qui en est tirée, et dans la maîtrise que l’enseignant a pu en acquérir »

  • Faire naître la confiance dans le cerveau de l’enfant avec cette phrase magique « Tu me diras comment ça t’a aidé ». Plus la confiance de l’enfant en ses facultés grandira, plus il osera, et plus ses difficultés vont diminuer.

Ce qu’en pense l’équipe d’ « ApprendreMieux»

L’approche présentant la dyslexie comme un supplément de compétences est intéressante pour restaurer la confiance de ces enfants souvent malmenés par le système scolaire.

Au-delà du cas spécifique de la dyslexie, lors d’apprentissages, il est important d’avoir conscience de la manière dont on apprend afin de savoir en exploiter les richesses.

Partir de ses réussites et transposer les stratégies utilisées dans d’autres domaines, est une des clés pour dépasser les difficultés. A cela s’ajoute l’utilisation de méthodes originales qui ont fait leur preuve.

« ApprendreMieux » vous propose de bénéficier d’un accompagnement personnalisé similaire à celle préconisée dans ce livre et se basant sur des outils ludiques, faciles et efficaces.

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Le stress un état d’esprit

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1) Le stress, une réponse du corps face à une perturbation de son environnement :

Le stress est une émotion universelle, nécessaire à la survie de l’homme depuis la nuit des temps.

Hans Selye (1950), médecin québécois, précurseur dans l’étude du stress, le défini comme étant une réponse physiologique de l’organisme qui permet de canaliser notre énergie pour fournir l’effort psychique ou musculaire nécessaire pour réagir rapidement face à un danger. Ce danger, appelé « stresseur », peut être un agent extérieur, une agression physique ou une agression psychologique.

Cette réponse physiologique comporte 3 étapes :

  1. La réaction d’alarme :

La réaction d’alarme entraîne, en premier lieu une sidération (l’organisme ne bouge pas). C’est une phase courte au cours de laquelle l’organisme va se préparer à réagir face au « stresseur ». Le corps va sécréter plusieurs hormones, dont l’adrénaline. Cette dernière provoque une accélération du rythme cardiaque, une hausse de la tension artérielle et une dilatation des bronches, ainsi que des pupilles.

Durant cette phase, le cerveau est mis en état d’éveil accru afin d’être plus réactif, capable d’agir plus rapidement et efficacement pour assurer la défense de l’organisme. Quant aux muscles, ils sont mis en état de tension, pour être prêt à réagir. Cette phase prépare l’organisme à la riposte en mobilisation ses ressources.

  1. La phase de la résistance :

C’est une phase d’adaptation qui survient après la phase d’alarme. Elle permet de s’adapter à la persistance du « stresseur ». Elle se déclenche pour compenser les pertes occasionnées par le choc initial et en particulier les pertes d’énergie. Le corps va secréter d’autres hormones, dont le cortisol pour prolonger l’action de l’adrénaline. Le cortisol mobilise toute l’énergie contenue dans les sucres pour l’expédier à certains endroits précis. Les ressources de l’organisme sont mobilisées à leur niveau maximum pour répondre aux besoins engendrés par la lutte ou la fuite.

  1. La phase de l’épuisement :

Cette phase intervient devant l’impossibilité d’éliminer le « stresseur » ou lorsque les situations de stress se répètent trop souvent. On observe un épuisement des ressources, qui décroissent progressivement. L’organisme s’affaiblit. La libération excessive de cortisol va avoir un impact négatif sur les réactions immunitaires et l’efficacité du cerveau en les amoindrissant. L’individu va être plongé dans un état de fatigue plus ou moins grande et devenir plus vulnérable aux maladies. C’est alors que peuvent survenir des désordres types ulcères, hypertension artérielle, diabète, maladie dermatologique, etc.

2) Le stress une notion subjective :

S’il est possible d’objectiver la réponse physiologique apportée par l’organisme à une situation de stress (accélération du rythme cardiaque, élévation de la pression artérielle, présence de cortisol dans le sang, la salive ou les urines), on observe également que des individus, confrontés à une même situation de stress, ne vont pas réagir de la même manière. Leur réaction dépendra de leur perception de la situation.

Par exemple :

  • Si la situation est perçue comme une perte (affective, matérielle, corporelle…), le ressenti sera de la tristesse, de la honte ou de la colère.

  • Si la situation est perçue comme une menace (perte potentielle), le ressenti sera de l’anxiété et de la peur.

  • Enfin, si la situation est perçue comme un défi (un challenge), le ressenti sera de l’excitation, de la fierté et de la joie.

C’est ce qui a amené les psychologues Lazarus et Folkman, à définir dans leurs travaux (1984), le stress comme étant : « une relation particulière entre la personne et l’environnement, relation qui est évaluée par l’individu comme excédant ses ressources et menaçant son bien-être. »

En d’autre terme, l’individu a le choix de ses réactions, à travers un processus cognitif, face à une situation de stress. Il peut choisir de faire face à cette situation à risque, en utilisant des stratégies, et ce n’est que lorsque l’individu estime ne pas pouvoir y faire face que le stress va apparaître.

Le stress n’est donc pas généré par les caractéristiques « objectives » d’un événement qui affectent l’individu mais par la manière dont celui-ci perçoit et interprète l’évènement lui-même. Cette perception est influencée :

  • Par ses expériences antérieures.

  • Le soutien social dont il bénéficie.

  • Les mécanismes inconscients de défenses qu’il va mettre en œuvre (déni ou refoulement).

  • Les efforts conscients qu’il va mettre en place (analyse du problème, mise en place d’un plan d’actions).

3) Le stress et les stratégies pour y faire face :

Face à une situation que l’individu évalue comme étant stressante, celui-ci va déployer des stratégies, dites de « coping » (= faire face), pour maîtriser, réduire ou simplement tolérer le stress provoqué.

Selon Lazarus et ses collègues, « le coping » a deux fonctions principales : il peut soit permettre de modifier le problème qui est à l’origine du stress soit permettre de réguler les réponses émotionnelles associées à ce problème.

On distingue 3 types de stratégies ou « coping » :

les stratégies centrées sur le problème : l’individu va chercher à agir directement sur le stresseur en cherchant à le convertir ou à l’éliminer. Ces stratégies incluent les stratégies de résolution du problème (recherche d’informations pour en savoir plus sur le problème, élaboration de plans d’action) et l’affrontement de la situation (efforts et actions directs pour modifier le problème).

les stratégies centrées sur les émotions : l’individu n’agit pas directement sur la cause du problème, mais va chercher à éliminer ou réduire la tension émotionnelle générée par la situation. La régulation des émotions peut se faire de diverses façons :

  • En agissant au niveau des émotions désagréables ressenties : l’individu peut agresser les autres ou au contraire chercher à se maîtriser ; il peut extérioriser ses émotions ; il peut aussi rechercher de l’écoute ou un soutien social.

  • En réduisant les sensations désagréables ressenties dans son corps. Ces stratégies se présentent souvent sous la forme d’activités anti-stress (relaxation, yoga, méditation, rire, la pratique de la respiration abdominale, exercice physique).

  • En changeant sa perception du problème : l’individu peut tenter une prise de distance ou minimiser la menace ; il peut réévaluer positivement de la situation ; il peut la fuir ou l’éviter (via les jeux, les loisirs, l’alcool, la prise de drogue ou de médicament) ou encore il peut chercher à prendre du recul.

les stratégies centrées sur la prévention : l’individu va agir de manière préventive pour se mettre dans les meilleures conditions possibles pour faire face et disposer des moyens nécessaires pour réagir. Ces stratégies incluent l’anticipation de situations jugées à risque de stress, le fait de prendre soin de soi ( sommeil, vacances, sport), le fait de développer de nouvelles compétences et de se mettre dans un état d’esprit consistant à se faire confiance.

En principe, face à un événement non contrôlable (objectivement et subjectivement), l’individu tentera plutôt de gérer ses problèmes émotionnels, alors que si la situation est contrôlable, il utilisera plutôt des stratégies centrées sur le problème.

Aucune stratégie n’est bonne ni mauvaise en soi. On considère que la stratégie de coping est efficace (ou adéquate) si elle permet à l’individu de maîtriser la situation stressante ou de diminuer son impact sur son bien-être physique et psychique.

4) Quand le stress interfère dans nos apprentissages :

Une étude réalisée auprès de 12 208 étudiants inscrits à la session d’automne 2014 et provenant de huit cégeps situés dans différentes régions du Québec (Étude de Marc-Angré GOSSELIN et Robert DUCHARME) a révélé que 17,4 % des répondants ont ressenti beaucoup ou énormément de détresse et que 35,1 % ont éprouvé souvent ou tout le temps de l’anxiété.

Les causes d’anxiété listées sont dans l’ordre :

  • l’impression de ne pas être à la hauteur de leurs idéaux de réussite (40%)

  • la peur d’échouer (38,6%)

  • la crainte de décevoir (36,6%)

  • difficultés à s’endormir (35,6%)

  • la tendance à s’inquiéter ( 34,6%)

  • les doutes quant à leur capacité à réussir (33,7%)

  • les difficultés à se détendre (31,5%)

  • l’incapacité à tolérer un échec (28,9%)

  • la tendance à être facilement irritable ou importuné(e) (25,9%)

  • l’incapacité à se libérer de pensée obsédante ( 25,7%)

  • la peur d’être jugé(e) (25,4%)

Comme on peut le constater ce ne sont pas des problèmes inhabituels ou des situations rares qui génèrent le plus de stress, mais bien la persistance d’épreuves dans la vie courante.

Changer sa perception de ces situations devient alors un véritable enjeu afin de ne pas tomber dans le stress chronique, source d’épuisement pour l’organisme.

S’il n’y a pas de recettes miracles, il existe en revanche de nombreuses méthodes qui permettent d’intervenir sur son stress à différents niveaux :

  • en amont : en adoptant une hygiène de vie saine (sommeil suffisant, alimentation équilibrée, pratique sportive) ; en mettant en place des méthodes de travail et une organisation efficace ; en ayant un réseau de soutien ; en travaillant sur ses représentations mentales de la réussite et de l’échec…
  • en apprenant à changer sa perception de la situation, par la mise en place de pensées parades ou encore par le changement de la perception de la situation (challenge, défi)

  • lorsque le stress paraît, en apprenant à agir sur les manifestations physiologiques du stress par l’utilisation de techniques type la pratique de la respiration abdominale, les exercices physiques, la relaxation, le yoga, la méditation, le rire,..

  • en travaillant sur son passé afin de prendre conscience des situations de peurs ou d’échecs et éviter qu’elles ne se répètent.

C’est donc un travail global, associé à un changement de la perception du stress qui permettent de le surmonter et d’en faire un allié dans ses apprentissages.

Ce que pense l’équipe d’« ApprendreMieux »

En résumé, le « stress » est une émotion universelle à laquelle nous sommes tous confrontés dans notre vie. Cette émotion est de nature très subjective car elle dépend de notre expérience personnelle.

Ainsi, nous ne réagissons pas de la même façon face à une situation donnée. Le sentiment de stress survient souvent dans des situations inconnues où nous devons nous adapter ou prouver notre capacité à réussir, c’est le cas par exemple des examens et de l’apprentissage.

Certains sauront déployer des stratégies pour surmonter leur stress et réussir. A l’inverse, d’autres seront submergés par une perte totale de leur capacité ce qui aboutira à un sentiment d’échec et un cercle vicieux lorsqu’ils se retrouveront dans des situations similaires.

« ApprendreMieux » vous propose des outils qui vous aideront à faciliter votre apprentissage et ainsi retrouver confiance pour relever des challenges en toute sérénité !

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La dyslexie chez l’adulte ou quand un handicap devient une force

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Dans l’imaginaire collectif, la dyslexie est associée à des problèmes d’orthographe, d’écriture et de lecture, une inversion des lettres et une lenteur dans l’acquisition de certaines connaissances. Enfants, les dyslexiques, peuvent être malmenés, voire éprouvés par les difficultés qu’ils rencontrent dans leur parcours scolaire. Néanmoins, une fois devenus adultes, leur dyslexie peut devenir une force, voire un atout, dans le monde professionnel.

1) La dyslexie, un trouble spécifique et durable des apprentissages, reconnu comme handicap :

Du grec « dys- » qui signifie « difficulté » et de «-lexie » qui veut dire « mot », la dyslexie est un trouble des apprentissages, spécifique et durable. Le terme « durable » signifie que l’incompétence va perdurer tout au long de la vie, même si la personne dyslexique peut pallier son trouble par des aménagements, des compensations voire des bénéfices secondaires.

La dyslexie n’est pas un simple retard d’acquisition. Elle n’est pas non plus secondaire à un trouble moteur, ni à un désordre affectif ou même à un retard mental. Enfin, elle n’est pas la conséquence d’un absentéisme scolaire.

La dyslexie a un retentissement significatif sur les apprentissages scolaires et d’une manière générale sur tous les usages de la lecture.

Si la dyslexie ne renvoie pas communément à un handicap, car l’individu est intelligent et en pleine possession de ses capacités physiques, son trouble peut pourtant le faire entrer de plein pied dans la définition du handicap. La dyslexie est, en effet reconnue comme handicap par la loi du 11 février 2005, ouvrant la voie à des mesures d’accompagnement spécifique.

Elle concerne 6 à 15% des enfants d’âge scolaire (avec une prévalence de 1,5 à 3 fois supérieure chez les garçons) et 6 à 8% des adultes dans les pays francophones.

2) La dyslexie, un trouble d’origine neurobiologique :

L’observation du cerveau des dyslexiques, montre que celui-ci est différent de la moyenne des êtres humains. En effet, normalement dans le cerveau, il y a 3 zones impliquées dans la lecture (l’aire occipito-temporale, le gyrus frontal inférieur et l’aire pariéto-temporale).
Or, on observe chez les dyslexiques que l’activité neurologique dans ces 3 zones est plus faible. D’autre part, on observe un dysfonctionnement organique sur deux de ces 3 aires impliquées dans la lecture.

Normalement, lors du processus de reconnaissance des mots et de la lecture à haute voix, nous utilisons deux voies dans notre cerveau :

  •  la voie orthographique, qui correspond à la reconnaissance globale du mot,
  • et la voie phonologique, qui correspond à la lecture par assemblage.

Ces deux voies sont complémentaires, et l’une ou l’autre des voies sera privilégiée en fonction des caractéristiques du mot lu. Dans la grande majorité des cas, le lecteur aura tendance à lire avec la voie orthographique qui sera complétée par la voie phonologique pour les mots méconnus ou les noms propres par exemple.

Chez les dyslexiques, on observe :
•  un dysfonctionnement du système de reconnaissance des mots. La conscience phonologique (qui représente la capacité à identifier de manière consciente les sons élémentaires qui composent les mots et à les manipuler de manière intentionnelle) est déficitaire ce qui rend difficile l’usage de la voie phonologique.
•  une capacité de codage dans la mémoire phonologique à court terme qui est limitée.
•  une identification des mots qui ne devient pas automatique et qui reste dépendante du contexte.

« La lecture chez un adulte dyslexique sollicite une forte implication cognitive: ses stratégies en lecture peuvent être les mêmes qu’un apprenti lecteur ou qu’un enfant dyslexique à cause de la lenteur de lecture et du nombre de difficultés (Bruck, 1990) »

3) La dyslexie, un trouble aux répercussions multiples, qui peuvent être compensées :

En raison des difficultés d’apprentissage associées à ce trouble, la dyslexie est généralement plus visible chez les enfants. Si elle n’est pas prise en charge, elle peut avoir pour conséquence une faible estime de soi, un sentiment de honte, de souffrance liée à l’incompréhension du trouble, auquel s’ajoute un sentiment de dévalorisation.

Chez les adultes dyslexiques, les troubles des apprentissages peuvent avoir été bien compensés. Des conséquences persistent néanmoins, dans des degrés plus ou moins importants :
• une lecture lente,
• une mauvaise compréhension des lectures,
• l’hésitation dans l’écriture des mots simples,
•  une confusion des sons complexes,
•  des difficultés dans la prise de note,
•  une confusion des termes.

Dans le monde du travail, les dyslexiques peuvent subir des préjugés de type « paresse » en raison de leurs fautes d’orthographe fréquentes. Par ailleurs, ils peuvent être confrontés à des difficultés de compréhension de certains documents et une grande fatigue liée à la forte concentration, nécessaire dans leurs lectures.

S’il est vrai qu’on ne peut jamais guérir de la dyslexie, il existe en revanche des moyens de compensation qui peuvent être mis en place, sans limite d’âge, grâce à la plasticité du cerveau.
Parmi ces techniques de compensation, on peut citer :

  • la métacognition : l’objectif est de faire réfléchir le dyslexique sur ses façons d’apprendre qui sont les plus efficaces.
  • les outils numériques : les logiciels de traitement de texte, les correcteurs orthographiques, les logiciels de reconnaissance vocal et de retour vocal, l’usage du stylet « livescribe »
  • l’utilisation de la carte mentale (ou mind mapping ou schéma heuristique)

4) La dyslexie, un fonctionnement atypique qui peut devenir un avantage dans le monde du travail :

Si dans leur enfance les dyslexiques sont souvent malmenés par le système scolaire ou leur entourage familial, qui ne comprend pas forcément leur trouble, à l’âge adulte, ce handicap peut devenir une force, voir un atout. On observe, en effet, que les dyslexiques ont de nombreux talents :

Ce sont bons de bons entrepreneurs :
Leur esprit d’entreprise est facilité par leur capacité à identifier des personnes dignes de confiance et à déléguer les responsabilités. Ils ont également une très bonne capacité de communication orale et une très bonne capacité à résoudre des problèmes.
On estime que 35 % des entrepreneurs en Angleterre sont des dyslexiques. En France, le pourcentage de chefs d’entreprises dyslexiques (5,3%) est supérieure à la moyenne nationale (0,3%).

Ils ont une manière différente de raisonner :
Habituellement, il y a 2 manières de penser:
•  la pensée verbale linéaire dans le temps qui consiste à penser via des sons et des mots,
•  la pensée non-verbale qui consiste à penser via des images, des concepts et des idées. Il semble que les dyslexiques aient une préférence pour la façon non verbale et qu’ils pensent de préférence par associations d’idées et analogies.

Ils ont une manière différente de percevoir les choses :
En matière de capacités visuelles, les dyslexiques ont une vision de l’espace plus globale que celle des lecteurs normaux (on a observé que les dyslexiques voient 1 500 à 4 000 images/s contre 150 images/s pour la moyenne des individus)
Ils ont également une très bonne capacité à voir en 3 dimensions et à capter les stimulus dans la partie latérale de leur champ visuel.
Ceci explique pourquoi 50 % des employés de la NASA sont des dyslexiques. Ils ont en effet des aptitudes hors du commun de perception spatiale tri-dimensionnelle.

Ils sont très créatifs :
Ils ont une imagination vive. Ils sont capables de vivre leur pensée comme si c’était la réalité. Ils sont capables d’utiliser leurs perceptions pour transformer et créer. Ils ont un tempérament perspicace et intuitif. Et ils ont une curiosité supérieure à la moyenne des gens.
Aux USA, il existe une bourse réservée spécifiquement aux dyslexiques qui reconnaît leur créativité, ténacité et capacité de travail.
Les fondateurs de Ford (Henry Ford), d’IKEA (Ingvar Kamprad), de l’entreprise Virgin (Richard Branson) ou d’Apple (Steve Jobs), seraient dyslexiques. On peut aussi citer Albert Einstein et Walt Disney.

En raison des nombreuses difficultés rencontrées, le chemin de l’apprentissage par les dyslexiques, ces derniers, s’ils ne sont pas « détruits » par l’entourage familial ou le système éducatif, vont développer une capacité à atteindre un équilibre émotionnel et à surpasser la fatigue et le stress nécessaire pour compenser leur trouble. Leur grande persévérance, leur capacité d’organisation, d’empathie et de créativité sont autant d’atouts pour le monde professionnel.

Ce que pense l’équipe d’« ApprendreMieux »

L’exemple de la dyslexie confirme une nouvelle fois la plasticité du cerveau et sa capacité à trouver des compensations pour dépasser les difficultés.

  • Que vous soyez vous-même dyslexique avec le souhait de bénéficier d’outils efficaces, complémentaires à la prise en charge orthophonique;
  • Que vous soyez parent d’un enfant dyslexique soucieux d’accompagner votre enfant dans ses apprentissages de manière ludique et efficace ;
  • Ou que vous rencontriez des difficultés dans vos apprentissages et que vous cherchiez à les rendre plus faciles,

« ApprendreMieux » vous propose des outils tels que la métacognition ou les cartes mentales, pour vous aider à révéler vos talents et vous dépasser…

 
Sources: Mémoire de Laura Malié. “Quand la dyslexie devient un point fort : témoignages d’adultes dyslexiques sur les atouts de leur trouble des apprentissages au sein du monde professionnel . Médecine humaine et pathologie.” 2016. ffdumas-01522727

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Est-ce toujours vrai que « si on est doué en maths, alors on est doué en tout » ?

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Peut-on mesurer l’intelligence ?

Actuellement, faute d’instrument de mesure plus détaillé, la mesure de l’intelligence se fait essentiellement au travers du QI (quotient intellectuel). Cette dernière se concentre sur l’intelligence de l’abstraction et du nombre. Les scientifiques plaident, pour justifier cet usage du QI, qu’il y a une corrélation entre les différentes formes d’intelligence autrement dit « si on est doué en maths, alors on est doué en tout »
Pourtant, Howard Gardner, psychologue américain, conteste la valeur générale du QI ainsi que la mesure unique de l’intelligence. Selon lui, il ne faut pas parler d’une intelligence mais plutôt d’intelligences au pluriel.
Qu’appelle-t-on l’intelligence ? Qu’est-ce que le QI, que mesure-t-il et quelles sont ses limites? Quel est l’intérêt de l’approche des intelligences multiples ? Voici les questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

S’il fallait définir l’intelligence de manière simple …

On pourrait dire qu’elle est la capacité humaine à faire des choses (résoudre des problèmes ou produire des biens). Autrement dit, c’est une synthèse des fonctions cérébrales permettant d’affronter toutes les situations de la vie.

L’intelligence est influencée par des facteurs génétiques, mais également par des facteurs environnementaux tels que la biologie, les facteurs sociaux, psychologiques ou l’éducation. (On estime à 50 % l’influence du facteur génétique et à 50 % l’influence des facteurs environnementaux)

Actuellement, si la recherche progresse beaucoup grâce notamment aux apports des neurosciences et à l’usage de l’imagerie cérébrale, les connaissances sur le cerveau sont loin d’être achevées et la définition de l’intelligence sera certainement amenée à encore évoluer.

Petite histoire sur le QI, une mesure de l’intelligence…

En 1905, Alfred Binet, psychologue français, a été chargé, par une commission ministérielle, de trouver un moyen de dépister les enfants incapables de suivre le rythme scolaire habituel. Il s’est associé à Théodore Simon, un autre psychologue, pour créer l’échelle de l’intelligence qui a évolué par la suite pour devenir le fameux QI.

La mesure du QI, telle que nous le connaissons aujourd’hui, est un test psychométrique destiné à fournir une indication quantitative normalisée de l’intelligence. Autrement dit, il s’agit de déterminer un niveau d’intelligence par rapport à la population générale.

Ce test comprend 10 unités d’exercices qui portent sur les capacités d’abstraction, de conceptualisation, de logique, de bon sens, d’attention, ainsi que les repères spatio-temporels et l’intérêt pour le monde environnant.

La mesure du QI est souvent préconisée pour des raisons éducatives (suite à des difficultés scolaires ou sur demande de parents souhaitant de savoir si leur enfant est « précoce »).

Bien qu’on résume souvent le QI à un chiffre unique, l’intérêt réside surtout dans l’interprétation des écarts des chiffres le composant (10 au total). Cette interprétation doit être réalisée dans un cadre plus complet qui inclut un examen psychologique, des bilans de langage et de motricité.

Bien que cet outil ne soit pas une mesure « d’une quantité d’intelligence absolue » mais un écart par rapport à une norme (la population générale) et qu’elle ne donne qu’un panorama partiel du fonctionnement cognitif, un parallèle est souvent établi entre un QI élevé chez un enfant et la réussite scolaire.
Ceci s’explique par le fait que le QI se fonde principalement sur les compétences langagières et logico-mathématiques, et que ce sont ces mêmes compétences qui sont valorisées par l’école « traditionnelle ».

Pour autant, il est important de préciser qu’il n’y a que peu de corrélation entre le réussite scolaire et les chances de succès après les études. Le succès dans la vie dépend, en effet, tout autant d’un éventail d’autres compétences que de la capacité à les mettre en œuvre. De même un QI élevé ne garantit aucunement un bon épanouissement personnel.

Cela amène à s’interroger sur l’intelligence telle quelle est mesurée par le QI et aller vers une autre approche qui est celle des intelligences multiples.

Les intelligences multiples, une vision plus large des facultés …

Howard Gadner, psychologue américain, a constaté que des malades privés de certaines facultés intellectuelles, comme les autistes, développent d’autres formes d’intelligences qu’il n’est pas possible d’expliquer dans le cadre d’une conception unitaire de l’intelligence comme le QI.

Il précise dans son livre «  On se trompe lourdement en pensant qu’il existe un esprit humain unique, doté d’une capacité unique à résoudre les problèmes » ( livre Les intelligences multiples, la théorie qui bouleverse nos idées reçues )

Il formule une théorie selon laquelle il existe des intelligences multiples assez indépendantes les unes des autres. Celles-ci sont au nombre de 8, il s’agit des intelligences : linguistique, logico-mathématique, spatiale, intra-personnelle, inter-personnelle, corporelle-kinesthésique, musicale et naturaliste.

Les détracteurs de la théorie des intelligences multiples rappellent que celle-ci n’est pas, pour le moment, confirmée par les recherches expérimentales. Ils critiquent également la nomination « intelligences » choisi par Gardner qui selon eux n’est pas la plus adapté (Il semble qu’il aurait été plus judicieux de parler de talents, capacités ou intérêts, plutôt que de parler d’intelligences)

Pour autant, ces mêmes détracteurs ne remettent pourtant pas en cause les bénéfices à s’appuyer sur les forces de l’individu pour adapter les apprentissages tels que le préconise la théorie des intelligences multiples.

Ce que pense l’équipe d’ « Apprendre Mieux »

Que l’intelligence soit unique ou multiple, sa mesure ne doit pas perdre de vue la plasticité cérébrale qui implique que notre cerveau n’est pas figé mais évolue en permanence.

Plutôt que d’enfermer ou stigmatiser, il faudrait utiliser les tests comme des outils qui permettent de comprendre les difficultés d’apprentissage rencontrées par les individus et les aider à les dépasser.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde qui demande de fortes capacités d’adaptation pour réussir sa vie professionnelle et personnelle. « Apprendre Mieux » vous propose quelques outils qui s’appuient sur les multiples facettes de l’intelligence pour vous aider à réussir vos projets et vous épanouir.

Général

Apprendre qu’est-ce que c’est ?

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Ici vous pouvez également voir la carte mentale apprendre qu’est ce que c’est? …

Des idées fausses à balayer :

Si vous pensiez que le cerveau est une page blanche ou une boîte vide qu’il faut remplir, qu’apprendre consiste uniquement à mémoriser par cœur ou encore qu’apprendre rime avec déplaisir ou souffrance…il est temps pour vous de changer votre regard sur l’apprentissage.

Mais apprendre alors, qu’est ce que c’est?

Apprendre c’est acquérir des connaissances, des savoir-faire et des savoir-être qui vont venir s’ajouter à ceux que nous avez déjà. En d’autres termes, apprendre c’est savoir mieux qu’avant une activité manuelle, physique ou intellectuelle.

Pourquoi faut-il apprendre ?

C’est vrai ça ?!!! pourquoi ne naissons-nous pas complètement cablés avec, à notre disposition, dans notre cerveau, toutes les connaissances nécessaires à notre survie ?
Déjà, parce que, comme l’explique très bien le neuroscientifique Stanislas Dehaene, l’espace disponible dans le génome humain est insuffisant pour coder l’ensemble des connaissances (très vastes) que nous sommes amenées à acquérir au cours de notre vie.
Ensuite, parce qu’à génome constant, l’être humain doit s’adapter à des environnements très différents.
Le cerveau a donc évolué pour avoir à la fois des connaissances fortes sur des choses constantes (par exemple nous n’avons pas besoin d’apprendre à voir ou entendre) et pour pouvoir acquérir des connaissances dans des domaines très vastes grâce à l’apprentissage.

Apprendre oui, mais pour quoi ?

Les raisons qui nous motivent à apprendre sont multiples.
Nous pouvons en citer quelques-uns :
• pour progresser ;
• pour surmonter nos erreurs et difficultés ;
• pour découvrir, comprendre et nous adapter au monde qui nous entoure ;
• pour nous insérer dans la société.

Comment est-ce que nous apprenons?

Déjà, il faut savoir que nous apprenons en permance.
Nous pouvons apprendre seul par imitation de notre entourage (familial ou social) ou par expérimentation.
Nous pouvons aussi apprendre avec l’aide d’un proche ou une tierce personne (enseignant, formateur…)

Les étapes de l’apprentissage sont les suivants :
1) l’attention (nous ne pouvons pas apprendre que si nous savons être « inatentif à l’inutile »)
2) l’engagement actif (aux travers des questionnements, des hypothèses ou des idées)
3) le retour sur erreurs (qui permet de trier, sélectionner ou éliminer des informations)
4) la consolidation (grâce aux réactivations et au sommeil)

Pourquoi ce n’est pas toujours si facile d’apprendre ?

Apprendre est un processus très personnel, nous avons chacun des manières différentes d’apprendre qui dépendent de nos filtres et de nos croyances familiales, sociales et culturelles.
Par ailleurs, apprendre implique à sortir de nos habitudes, de nos automatismes et de nos évidences. Et ça ce n’est pas toujours évident.
Enfin apprendre nécessite d’être guidé. Or force est de constater que si les injonctions sont nombreuses pour nous dire d’apprendre, rares sont ceux d’entre nous qui ont eu la chance, dans leur scolarité, d’avoir des outils pour apprendre mieux. Ceci peut être source de démotivation lorsque les stratégies employées sont inefficaces ou peu efficientes.

En résumé :
Apprendre est un processus naturel, permanent qui permet de savoir mieux qu’avant. Seul ou accompagné, l’apprentissage est nécessaire pour nous permettre de nous adapter à notre environnement. Néanmoins, cet apprentissage n’est pas toujours évident puisqu’il est personnel et implique de sortir de nos habitudes. Il peut être amélioré s’il est guidé.